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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 11:09

 

 

Audierne.Plogoff.Cap-Sizun.Panthéon.

Résistants sous la coupole

 

(Île de sein. Monument de la France libre)

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Références: Télégramme de Brest en date du :

21-2-2014. Titre: Panthéon. 4 résistants dont 2 femmes accueillis sous la coupole

23-2-2014. Tittre: Pierre Brossolette.Naufragé à Feunteun Aod 

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feunteun aod 1 

Stéle de Plogoff (Feunteun Aod) honorant la mémoire de Pierre Brossolette 

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Le Panthéon

Construit à Paris sur la montagne Sainte Geneviève dans le Vème arrondissement au coeur du quartier latin, le Panthéon était initialement prévu pour devenir une église portant le nom de la Sainte de cette montagne . Pour diverses raisons, ce monument a changé de vocation et aujourd'hui il est destiné à honorer les grands personnages qui ont marqué l'histoire de France. Actuellement 71 personnes  ont bénéficié de cet honneur. On peut citer entre autres: Voltaire, Victor Hugo, Emile Zola, Gambetta, Jean Jaurès, Jean Moulin, Pierre et Marie Curie, André Malraux, Georges Sand, Beethoven, liste non exhaustive comme on dit.

L'admission au Panthéon se décide par décret du Président de la République.

C'est donc le Président de la République qui vient de décider d'admettre au Panthéon  4 nouvelles personnalités dont 2 femmes. Il s'agit de:

- Madame Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002)

nièce du général et rescapée des camps de concentration (Ravensbrück)  à la fin de la 2ème guerre mondiale . Ancienne Présidente de ATD quart monde, elle était la fille de Xavier de Gaulle, frère ainé du Général.  Faite Grand'Croix de la Légion d'honneur par le Président Chirac en 1998. 

- Madame Germaine Tillon ( 1907-2008)

 ethnologue et résistante, dont le nom est associé à l'histoire de l'Algérie. C'est comme ethnologue qu'elle séjourna dans les Aurès pour étudier la population berbère  localement connue sous le nom de "Chaouias". L'histoire aura voulu que je connaisse également cette région pour y avoir séjourné en 1961-1962. J'ai donc le privilège de connaître à peu près tout le massif des Aurès, depuis Batna et les ruines romaines de Timgad, jusqu'aux gorges de Tighanime où éclatât la rébellion en 1954, en passant par le Djebel Chelia (2326 mètres), point culminant du relief algérien.  Je séjournais au milieu des Chaouias (pas en vacances) avec vue grandiose sur les lumières de Biskra, porte du Sahara, par nuit profonde. Je signale pour justifier cet article que le Drapeau tricolore flottait sur ma résidence principale ainsi que sur mes résidences secondaires jusqu'à ce que ....

On  retrouvait aussi parfois le Drapeau tricolore sur les cercueils. C'est arrivé assez souvent chez mes voisins et même chez moi . 

- Monsieur Pierre Brossolette (1903-1944)

Son nom appartient aussi à l'histoire du Cap-Sizun et plus particulièrement à Plogoff et Audierne. C'est en effet à "Feunteun Aod" (près de la Pointe du Raz à Plogoff) que le bateau qui le transportait (Jouet des flots) fit naufrage. Recueilli par la population locale, Monsieur Brossolette est ensuite arrêté  à Audierne (plaque commémorative sur une maison particulière, ex-propriété Kérisit négociant en vins, Rue Lamartine à Audierne). Dirigé sur Paris, il est remis à la Gestapo, puis torturé. Plutôt que de livrer les renseignements dont il dispose, Monsieur Brossolette choisit de se défenestrer et en meurt.

Sa mémoire a été honorée par une promotion de Saint-Cyr qui a décidé de s'appeler 

"Promotion Pierre Brossolette" en l'an 2003.  

La ville d'Audierne a également donné son nom à une rue, honorant par là même un grand résistant.

Signalons en passant qu'un autre petit port de Plogoff : Pors Loubous s'orne aussi d'une autre  plaque commémorative honorant d'Estiennes d'Orves qui est aussi un nom de la Résistance

- Monsieur Jean Zay 1904-1944

"Homme politique auteur de nombreuses réformes, assassiné en Juin 1944 par des miliciens"

texte emprunté au Télégramme de Brest qui ne dit pas que Monsieur Zay est un personnage controversé qui publia en 1924  (il avait 20 ans) un poème qui s'intitule

"le Drapeau" intégralement reproduit ci-dessous

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Jean Zay – Le Drapeau (1924)

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tout les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?
Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes… Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais a cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

 

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Il n'est pas question de porter une appréciation sur ce qui relève des prérogatives du Président de la République élu au suffrage universel. Pour autant certains ne se gênent pas. J'ai lu quelque part que Mendès France aurait été un choix plus judicieux que Jean Zay. Chacun est libre de ses opinions personnelles.

Mais, il ne semble tout de même pas convenable  d'avoir  laissé brocarder et même insulter le Drapeau tricolore (en 1924), qui aujourd'hui encore, flotte sur la plupart des bâtiments publics, dont les mairies, les Préfectures, les Ministères et les Gendarmeries par exemple, sans oublier la Présidence de la République.

Le Drapeau tricolore est aussi l'emblème qui accompagne à leur dernière demeure  les serviteurs de l'état morts en service commandé. Ceux qui ont professionnellement servi la République, qui ont observé une minute de silence pour dire adieu à un camarade après avoir prononcé son oraison funèbre et  écouté la Marseillaise, n'apprécieront sans doute pas certains qualificatifs décernés par des personnages, fussent-ils de haut niveau, à cet emblème national parfois posé sur les cercueils des serviteurs disparus .

Même la poésie a ou devrait avoir des limites !!

Le Drapeau tricolore et la "Marseillaise"  sont des intouchables de la République française. De plus, ils n'appartiennent à aucun  parti politique, pas plus de droite que de gauche. A ce titre ils ont droit au respect de tous les citoyens quel que soit leur âge, leur fonction ou leur rang social. 

*****

En fait, on n'est jamais à l'abri d'une surprise, parfois grotesque ou grossière, même localement, puisque nous avons eu droit en Cap-Sizun, à la

"très choquante photo"

de Ben Laden  à l'église Saint Raymond d'Audierne, lors d'une exposition en 2009. C'est le curé de la paroisse qui a dû réagir , devant l'inertie et le manque d'initiative de nos élus locaux, dont certains sont aujourd'hui sortants et  à nouveau candidats.                     Or, le Drapeau Bleu, Blanc et Rouge flotte au vent à la façade des mairies et les maires arborent une écharpe également tricolore, symbole de leur fonction peut-être, mais aussi symbole de leurs devoirs et de l'exemple qu'ils doivent donner .

Pardon,  j'aurais dû écrire "de l'exemple qu'ils devraient donner" car ce n'est hélas, pas toujours le cas  !!!!!

En effet, les maires sont les derniers maillons du pouvoir légal et légitime. Ils sont donc chargés de faire

respecter la légalité et les règles de base fondamentales,

donc les fondations de notre société . Ceci leur donne des droits ce qui implique aussi des devoirs. Le manque de réactivité des élus locaux audiernais en cette regrettable circonstance n'est pas très élogieux. Le curé de l'ensemble paroissial du Cap Sud (Sainte Klervi), a donné une belle leçon de civisme à tous les responsables concernés par cet évènement, y compris au Président local des Anciens Combattants (élu sortant à nouveau candidat)  dont  le silence et l'immobilisme ont  été remarqués.  Certains adjoints sortants  à nouveau candidats  seraient d'ailleurs plus à leur place  en fin de liste (non éligibles), qu'en position éligible pour tenter de retrouver leur fonction et surtout les indemnités correspondantes. C'est à la tête de liste de décider et d'organiser sa liste en fonction des résultats escomptés et de certaines  candidatures connues comme étant notoirement impopulaires , qui favoriseront , en fonction de leur rang, l'éclosion des bulletins nuls. On notera aussi qu'à Audierne, la municipalité sortante présente 9 candidats et que cette équipe n'a pas été capable de fournir une tête de liste. Quelle envergure !! A moins que leurs  références ne soient considérées comme insuffisantes donc dissuasives pour les électeurs comme ce fut le cas pour Madame Donval, maire sortant dont la situation a parfaitement été analysée  par le quotidien "Ouest-France".                                      

   Ceux qui ont rencontré le terrorisme dans  l'exercice de leurs fonctions, auront très certainement apprécié ce manque de bon sens et d'initiative audiernais pour ne pas dire inertie. Sans compter que depuis, des décorations ont tout de même été distribuées en milieu local pour fleurir les boutonnières, faisant par là même abstraction de cet évènement qui pour certains, n'a sans doute pas une grande importance. Non évènement comme on dit !! Ce qui reste à voir, et sera peut-être vu les 23 et 30 mars prochains !!!!

 Ceux qui n'ont pas côtoyé le terrorisme et constaté ses effets (mutilations, viols, égorgements, cruauté gratuite et sadique etc...) devraient se montrer un peu plus circonspects dans leur comportement lorsqu'ils sont responsables. L'indifférence manifestée par nos soi-disants responsables locaux en 2009 est en fait un comportement indécent qui ne paraît   pas compatible avec l'exercice de la responsabilité. 

Le terrorisme ne ménage personne: hommes, femmes, enfants et même animaux domestiques. Tout est bon pour organiser  des mises en scène horribles et même atroces, qui restent gravées dans les mémoires de ceux qui ont vu, ce que d'autres ignorent. Ceci explique l'indifférence et le manque de réactivité  de certains

"mairedaillons",

( l'expression est de René Pichavant dans les Pierres de la Liberté),

 inacceptables au yeux de certains administrés, également électeurs. Ceux qui ne connaissent pas notre histoire et les symboles correspondants (ce qui ne s'apprend peut-être pas dans le syndicalisme), feraient mieux de s'instruire avant de se lancer dans l'exercice des responsabilités qui impliquent certaines connaissances et qualifications.                 

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                    Pardonnez tout, mais n'oubliez rien, même en période pré-électorale !!!     

 

pic_0874.jpg

 

 

(Cale du petit port de Feunteun Aod à Plogoff) 

 

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Published by jeanjane - dans actualités
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